La démarche de Marie Klaudia Dubé

Professeure en arts plastiques  pour le ministère de l’éducation tant au niveau secondaire que  primaire, artiste d’implication sociale voilà quelques compléments  à sa recherche dans le domaine des arts.

Une démarche artistique qui s’est jusqu’alors poursuivie en conformité avec ce dualisme de la pensée conceptuelle et celui de  la pensée créatrice : il lui est   indispensable de faire cohabiter ces deux formes de pratique, l’une devenant complémentarité de l’autre. Cette peinture qui présentée est à la fois émotive et gestuelle pour n’être ensuite que réfléchie et analysée. Cette peinture représente chaque moment de sa vie si heureux ou malheureux soit-il mais lequel elle  se veut  toujours à l’état réflexion.

Cette démarche s’opère d’abord  à partir de textures tactiless et visuelle suivies d’une certaine discorde ou désordre se tiraillant entre  la symphonie  procurée par les couleurs et par les lignes contenues dans ces « créateurs d’images », dans ces champs colorés et dans ces états d’âme qui sont alors  rendus. Ces textures et ces lignes font naître des schèmes (images) qui  a  leur tour amènent le spectateur à  se reconnaître à travers ces nouvelles images. Cette image qui  n’est plus sienne  devient alors le centre d’un échange entre le spectateur qui ose s’interroger sur ce qu’il voit et ou ressent ou sur le produit final qu’il réussit à voir et à ressenti.

Par ce processus de création l’artiste  ressent toujours le besoin  de découvrir  différentes expériences de création de l’image, d’aller voir ce qui a été fait avant nous et de visualiser ce qui pourrait être dit d’une autre façon.
.

S’approprier les voir, connaître et reconnaître  les processus de création, être capable de s’interroger sur les différentes pratiques artistiques, développer cette forme d’analyse dans l’exploration, la recherche, les essais, les comparaisons, les confrontations, les constructions, les destructions, les choix, les justifications, le sens donné, le lire, l’écoute, l’amélioration, le produire, le fixer, le relire et le faire relire, tous ces gestes sont nécessaires à la création d’images.

Se « compliciser » à équilibrer par la  structure et  ou par la restructuration.

Je reviens à cette recherche qui me passionne tant, celle de la peinture  qui  à partir de toutes ces années de lecture tant sur la physique  quantique que sur  la psychologie (Jung, Hillman...) sur l'astronomie et bien sûr l'histoire qui a fait l'art et non l'histoire de l'art, tout ceci m'a amenée à penser  différemment, à me questionner et à voir les gens si autonomes dans leur  manière d'être, de cheminement et de pensées. Ce travail de recherche sur la face cachée de l'autre monde perçu comme une imbrication de formes, d'espaces et d'états (telles les poupées russes) me  permet de représenter cet espace-temps dans lequel se cachent des formes suggestives, imagées et ou sensorielles. Formes acquises inconsciemment ou pas lors d'expériences visuelles et ou tactiles.  

Ces images perdues ou flottants  dans cet  espace-temps proviennent en réalité d'une reproduction interne nourrie par un monde extérieur  tel celui   provenant des influences de  Cézanne, puis de Picasso, de Tapiès, de  Hundertwasser, et sûrement  de  Poissant dont ce dernier  a vécu l’influence de Nicolas de Stael.  Ceux-ci ont d'ailleurs franchi un seuil  grâce à des images projetées antérieurement par d'autres artistes. En aucun  moment je ne pourrais m'attribuer un certain génie (c'est tellement loin de  moi)  mais j'aimerais parer de continuité ou d'imbrication d'états et de  transmission  de 'formes de penséetractuelles'.

Les titres sont absents parce que la création  vient d’ailleurs, elle ne se réfère pas à la  présentation d’un quelconque  objet. Elle vient du dedans, des états d’âme, du vécu, de l’accumulation d’un bagage légué par les ancêtres, par  cette sensibilité propre à chacun de nous et  aussi par ce rationnel qui semble soit enrober ou cacher cette sensibilité à fleur de peau qui est mienne. Tout ce rationnel pédagogique  semble me sécuriser  ou encore mettre à nue la personne que je suis avec ses différentes manières de voir, de percevoir  et d’être. L’absence de titre est aussi expliqué par ce besoin de m’éloigner du tableau réalisé et de laisser l’entière  place au contact qui s’installera  entre le spectateur et l’œuvre. C’est alors le moment de  passer à autre chose.